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BALTIC-BLACK SEA TEXT    •    October 23, 2018

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7 Comments

1. De Gaulle-Macron. Le coup d`Etat légitime?

1. De Gaulle-Macron. Le coup d`Etat légitime?

 

BSSB.BE  causeur.fr  09.10.2018

France Germany

* L’histoire nous apprend, par exemple avec le 18 brumaire de Bonaparte

youtube.comLibération de Paris 25 Aout 1944 Charles de Gaulle

youtube.com General Charles De Gaulle arrives in car, Eiffel Tower, Notre Dame de Paris

A l’occasion du 60ème anniversaire de la Ve République, Emmanuel Macron a rendu hommage à son fondateur, Charles de Gaulle. Mais la seule comparaison possible entre les deux hommes repose dans les conditions de leur arrivée au pouvoir.

Emmanuel Macron a donc fait le pèlerinage de Colombey. Sans attendre le mois de novembre et le 47ème anniversaire de la mort du connétable, il a préféré marquer le coup de façon incongrue, avec le 60ème anniversaire de la promulgation de la Constitution de la Ve République. Où qu’il soit, en France ou à l’étranger, le président se sent obligé de manifester son aversion pour les Français et de s’en plaindre.

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De Collomb à Colombey

Le rituel a été respecté avec une réjouissante inversion en reprochant aux Français de trop se plaindre. Inutile de s’attarder sur ce qui relève désormais d’une espèce de routine infantile, mais il serait peut-être effectivement intéressant de revenir sur cet anniversaire, à la fois du retour du général De Gaulle au pouvoir et de l’élaboration et de l’adoption de cette nouvelle Constitution, le 4 octobre 1958.

Il y a en effet tout d’abord un parallèle à faire entre la façon dont, par une opération politique virtuose, Charles De Gaulle a pu reprendre les rênes et éviter à la France la guerre civile au printemps 58 et le hold-up réalisé par les intérêts convergents qui ont voulu l’avènement d’Emmanuel Macron au mois de mai 2017.

Avant de rappeler comment le texte constitutionnel de 1958 portant la marque de son initiateur a assuré une grande stabilité politique jusqu’au milieu des années 80, pour être ensuite minutieusement détricoté.

 

 

 Libération de Paris 25 Aout 1944 Charles de Gaulle

Sous la triple pression de la construction européenne et des abandons de souveraineté qu’elle impliquait, de la volonté du bloc au pouvoir de restreindre la souveraineté juridique du peuple français en s’en remettant au pouvoir du juge, et enfin du retour d’un fonctionnement politique de type parlementaire dans un cadre institutionnel qui ne l’était pas.

Technique du coup d’Etat légal

Le premier de ces deux volets est à considérer à l’aune d’un ouvrage que vient de publier, Grey Anderson, un chercheur américain : La guerre civile en France. 1958–1962. Il faut recommander la lecture de cette synthèse impressionnante par sa qualité, sa précision et la connaissance maîtrisée du sujet dont témoigne l’auteur. Il s’étonne de ce refoulé particulier dans la mémoire française des conditions du retour politique du grand homme et du rétablissement difficile de la paix civile.

Le retour lui-même, même s’il a été juridiquement acté par le vote de confiance du Parlement de la IVème République à son dernier président du conseil, le 1er juin 1958, a souvent été présenté comme le résultat d’un coup d’Etat. Ce qu’il était probablement. L’histoire nous apprend, par exemple avec le 18 brumaire de Bonaparte, que l’absence de violence et une forme juridique à peu près respectée ne permettent pas d’échapper à cette qualification.

Entre autres impuissances rédhibitoires, le système IVème République était incapable d’affronter la décolonisation en général et la tragédie algérienne en particulier.

Le contexte géopolitique était celui de la guerre froide, encore très vive cinq ans après la mort de Staline. Le contexte national était celui d’un pouvoir politique faible et facilement capitulard, dont la SFIO – ancêtre du parti socialiste – était la quintessence, avec en face de lui une armée en crise.

Celle-ci, avec la masse des troupes issues de la conscription, était dotée d’un corps d’officiers qui portaient le poids de la faillite de 40, de l’erreur du choix massif de Giraud en 1943 contre la France libre du général De Gaulle, et de l’humiliation de la terrible défaite à la régulière contre le Vietminh.

La rébellion algérienne fut perçue comme l’occasion de redorer le blason en gagnant une guerre en n’en voyant que les termes militaires techniques sans mesurer la dimension politique, et surtout historique, de l’insurrection.

Encore largement pétainistes, et anticommunistes, de jeunes officiers, se piquant d’avoir étudié Mao et Ho Chi Minh, se prirent pour les chevaliers de l’Occident. Aveuglement qui, au nom du maintien de l’Algérie dans la France, fit imposer à la population musulmane une brutalité sans règle, et engager l’armée sur des voies directement politiques.

Au mois de mai 1958, l’armée supplantera les pouvoirs administratifs en Algérie et les plus activistes prépareront le renouvellement de l’opération en métropole. Beaucoup des partisans du général De Gaulle avaient fait croire aux officiers factieux que celui-ci les soutenait, ce qu’il s’était bien gardé de faire directement.

Se tournant au contraire vers le pouvoir républicain, il se présenta comme le seul capable d’éviter le coup d’Etat. Mais à ses conditions bien sûr, c’est-à-dire de disposer des manettes et d’imposer sa Constitution.

De Gaulle, un coup d’Etat légitime

Ce qui fut fait. Les quatre années suivantes furent utilisées pour solder l’aventure algérienne, casser les reins d’une armée devenue inutile, la remplacer par l’outil adapté à la dissuasion nucléaire et rationaliser le développement économique, fruit des Trente glorieuses.

Charles de Gaulle avait des atouts pour réussir cette opération virtuose. En plus de sa formidable intelligence politique, il disposait, quoi qu’on en dise, de la légitimité construite entre le 18 juin 1940 et le 30 juillet 1946.

Et quand, dans les années 60, il venait parler, dans ses discours – avec l’étonnant culot qui le caractérisait -, de « la légitimité nationale [qu’il incarnait] depuis vingt ans » personne ne mouftait. Parce que c’était vrai. Quand la bourgeoisie nationale, emmenée par Valéry Giscard d’Estaing décida de le congédier au moment du référendum de 1969, le bilan de ces 11 ans disait sa réussite politique.

 

 

General Charles De Gaulle arrives in car, Eiffel Tower, Notre Dame de Paris. 

Et c’est bien cette réussite qui a permis de ne jamais remettre en cause la légitimité et la régularité de ce retour acrobatique au pouvoir le 1er juin 1958. Des penseurs dont on révère la mémoire aujourd’hui s’y sont bien essayé.

A les relire aujourd’hui, leur ridicule saute aux yeux. Les Jean-Paul Sartre et Raymond Aron, faux frères ennemis, les Pierre Mendès-France, les Hubert Beuve-Méry et autres, ne voyaient en Charles De Gaulle qu’un dictateur fasciste en puissance, fidèle successeur de Pétain.

Juppé décalé

Qu’en est-il d’Emmanuel Macron, qui essaie maladroitement de mettre ses pas dans ceux du grand homme ? Son arrivée au pouvoir, dont il est difficile de contester qu’elle soit le fruit d’une opération rondement menée, a abouti à une sorte de hold-up démocratique qui présente, lui aussi, les caractéristiques d’un coup d’État. Développons l’hypothèse.

L’arrivée au pouvoir de François Hollande, candidat par défaut, fut d’abord le fruit du rejet de Nicolas Sarkozy. La présidence Hollande présentant rapidement le double défaut d’être une catastrophe politique et un moteur puissant pour la montée du Front national, et la défaite socialiste à la présidentielle apparaissant inéluctable, il fallut trouver une solution.

Les élites portèrent leur choix dans un premier temps sur Alain Juppé, ravi que la supériorité intellectuelle qu’il s’attribue soit reconnue. Les médias, à coup d’études et de sondages, nous convainquirent du caractère inéluctable de l’arrivée à la présidence du maire de Bordeaux.   ( … )

Régis de Castelnau

anime le blog Vu du Droit depuis 2012. En consacrant sa vie professionnelle d’abord au Droit social puis au Droit Public dont il fut un des premiers praticiens actifs au sein de la profession d’avocat. Il y ajouta une activité universitaire, doctrinale et éditoriale . Il a en parallèle exercé des responsabilités dans des O.N.G. qui lui ont permis de compléter son expérience internationale. Ayant l’immodestie de penser qu’il avait peut-être un point de vue pouvant en intéresser quelques-uns, il lui a pris l’envie, d’abord pour le plaisir de la communication et de l’écriture, de se lancer dans l’écriture et la direction d’un blog. Par goût de la polémique et du débat aussi.

* 1 – La publication n’est pas un éditorial. Cela reflète la position et l’argument de l’auteur. L’original est posté à:  causeur.fr

BSSB.BE

Comments

  1. Clermont

    Le président des Hauts-de-France anticipe toujours un « Brexit » dur aux conséquences qui pourraient être délicates pour l’économie régionale. Et appelle le gouvernement à prendre sérieusement la mesure du problème.

  2. Guatemala

    Bientôt nous en viendrons aux procès de Moscou, ou nous en serons au niveau de la Chine. Macron est un tyranneau digne des républiques bananières, où le satrape clôt le bec de qui lui déplaît. Soutenons les réprouvés! Il en va de notre santé mentale.

  3. Hound

    Macron et feu le Président de Gaulle. Lequel laissera le plus grand nom dans l’ Histoire ? C ‘est le secret de l’ avenir , qui vivra le verra bien .

  4. Jar

    La chasse est vraiment ouverte, c’est dingue.

  5. Melbourne

    On se souvient de Louis X le Hutin , de M Silhouette , du général Cambrone , des Présidents Félix Faure et Paul Deschanel , du Président Lebrun dont l’ extrémité des orteils dépassait d’ une distance considérable le reste de sa personne de sorte que quand il sortait d’ un taxi ( vide naturellement ) , en voyant la pointe de ses souliers dans le bureau présidentiel , les huissiers comprenaient tout de suite que le reste allait bientôt arriver , hypothèse que la réalité confirmait assez rapidement . On se souvient de Crécy Poitiers Azincourt Pavie Waterloo Sedan. Je ne jure de rien .

  6. Hayley

    A propos , Charles le Chauve ( surnommé ainsi du fait d’ une calvitie , on l’ oublie trop souvent ) , fut le premier vrai roi de France , il me semble vers 840 . Pour ma part je me souviens très bien de Charles le Chauve et de sa célèbre Bible enluminée. En revanche je ne vois pas qui est ce monsieur Hollande.

  7. Beaumont

    Ben je crois bien que sur ce coup, c’est Macron qui se lache tellement qu’il en perd les pédales. Et Onfray a raison: Macron personne privée fait ce qu’il veut et ce n’est pas notre problème. En revanche, Macron Président n’a pas à nous imposer ses passions privées. Et je trouve très bien que certains le lui rappellent.

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