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BALTIC-BLACK SEA TEXT    •    October 23, 2018

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2. De Gaulle-Macron. Le coup d`Etat légitime?

2. De Gaulle-Macron. Le coup d`Etat légitime?

 

BSSB.BE  causeur.fr  11.10.2018

France

* Macron est un tyranneau digne des républiques bananières?

youtube.comLibération de Paris 25 Aout 1944 Charles de Gaulle. 

youtube.com – General Charles De Gaulle arrives in car, Eiffel Tower, Notre Dame de Paris

A l’occasion du 60ème anniversaire de la Ve République, Emmanuel Macron a rendu hommage à son fondateur, Charles de Gaulle. Mais la seule comparaison possible entre les deux hommes repose dans les conditions de leur arrivée au pouvoir.

Emmanuel Macron a donc fait le pèlerinage de Colombey. Sans attendre le mois de novembre et le 47ème anniversaire de la mort du connétable, il a préféré marquer le coup de façon incongrue, avec le 60ème anniversaire de la promulgation de la Constitution de la Ve République. Où qu’il soit, en France ou à l’étranger, le président se sent obligé de manifester son aversion pour les Français et de s’en plaindre.

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     Celui-ci se précipita pour donner tous les gages de gauchisme culturel, dessinant ainsi la candidature centriste dont rêvent les élites mondialisées. Celle-ci présentait cependant un défaut, celui de l’âge du prétendant qui ne pouvait aspirer qu’à un seul mandat, et encore.

La caste de la haute fonction publique d’État, et notamment celle qui est confortablement installée dans le bunker de Bercy, imagina alors de le flanquer de l’un des leurs, de préférence jeune et propre sur lui, avec une bonne tête de successeur.

Macron l’héritier

Le choix se porta sur Emmanuel Macron qui présentait l’avantage d’être un parfait inconnu, et de n’avoir jusqu’alors rien fait dans la vie. Son CV est quand même étonnamment désert d’activités qui auraient pu lui donner un minimum d’expérience de la vie sociale ou politique du pays dans lequel il vit.

Études secondaires dans une bulle privilégiée, études supérieures, quoi qu’on en raconte sans grand relief, cursus de haut fonctionnaire pantoufleur parti rapidement faire l’entremetteur chez Rothschild.

 – General Charles De Gaulle arrives in car, Eiffel Tower, Notre Dame de Paris

Jean-Pierre Jouyet, quintessence de la caste de l’Inspection des finances, fut chargé du lancement. De le faire venir d’abord à l’Élysée puis de lui faire attribuer un ministère qui ne servira à rien d’autre qu’à préparer sa candidature.

L’hypothèse d’une forme de binôme gagnait en consistance jusqu’à ce que la candidature d’Alain Juppé montre des signes d’essoufflement. Le plan B, qui était en plus probablement le plan A d’Emmanuel Macron lui-même, commença vraiment à prendre tournure.

Jusqu’au moment de l’effondrement d’Alain Juppé à la primaire de la droite. Le choix de François Fillon présentait aux yeux de la caste plusieurs défauts, au-delà des limites du médiocre politicien qu’il est, il y avait le risque d’une forme de droitisation : opposition aux dérives sociétales, soutien appuyé des mouvements issus de la lutte contre le mariage homosexuel, des positions fermes sur l’islam et l’immigration.

Non, décidément, la candidature de François Fillon ne faisait pas l’affaire. Va pour Emmanuel Macron !

Il faut tuer le soldat Fillon

La campagne électorale sera marquée par la destruction judiciaire de la candidature de François Fillon au travers d’une opération aussi parfaitement calculée que réalisée. On ne reviendra pas sur les détails du raid médiatique judiciaire. Quiconque connaît le fonctionnement de l’institution judiciaire et nie cette exécution se moque simplement du monde.

On ajoutera que la haute fonction publique de la justice a donné l’impression de couvrir l’opération comme le démontre le stupéfiant communiqué commun du Premier président de la Cour de cassation et du procureur général de la même institution, approuvant les formes pourtant invraisemblables prises par la procédure.

Emmanuel Macron plafonnait à l’étiage habituel des candidats centristes à l’élection présidentielle, le raid judiciaire lui a permis de récupérer dans l’électorat de François Fillon les voix lui permettant de passer de justesse devant lui au premier tour. On ne s’étendra pas non plus sur le soutien unanime des médias nationaux à la candidature d’Emmanuel Macron, chacun a en mémoire le déferlement des spasmes d’adoration qui remplissaient les émissions de télévision et les gazettes.

Il faut cependant rappeler que ce soutien a probablement été accompli en violation des règles instaurées depuis la loi de 1990 sur le financement de la vie politique, sans que cela arrache la moindre remarque au CSA et à la Commission nationale des Comptes de Campagne, instances de contrôle dirigées là aussi par des hauts fonctionnaires. Les sommets seront atteints par les silences obstinés du Parquet national financier devant le nombre d’infractions de droit pénal électoral portées à sa connaissance.

Un an seulement

Grâce à la stratégie du barrage au FN, et à une abstention massive, la France s’est trouvée ainsi dotée d’un président de la République parfaitement inconnu, sorti de nulle part, et à qui l’élection partiellement entachée de fraude donnait une légitimité faible. Pour avoir suivi en détail tout ce processus et en particulier l’opération judiciaire dont j’appréhende tous les détails, je considère que cette présentation et ce constat ne sont pas factuellement contestables.

 – Libération de Paris 25 Aout 1944 Charles de Gaulle. 

J’ai toujours eu cependant la surprise de me heurter à un surprenant déni, parfois véhément, souvent assorti par les imbéciles de l’accusation de complotisme. Comme si, après le calamiteux mandat de Hollande, l’envie de faire confiance au jeune roi amenait à refouler et conjurer cette tare initiale dans son avènement.

Le problème est que l’opinion publique a découvert la réalité de la personnalité de son nouveau président jusque-là inconnu. Au-delà de l’amateurisme politique parfois confondant, des traits de caractère inquiétants sont apparus.

Narcissisme, instabilité, tendance aux caprices, désinvolture méprisante, et fascinations surprenantes brossent le portrait d’un homme à qui il n’est pas possible de raisonnablement faire confiance. Et c’est là que le déficit criant de légitimité juridique et politique initiale revient en force et peut devenir insurmontable.

Les difficultés qu’il rencontre dans la conduite de l’État et la violence des mises en cause dont il est l’objet en sont à mon sens le symptôme, comme si la rage qui s’exprime à chacun de ses manquements, chacune de ses foucades était le fruit du sentiment de s’être fait avoir. Et sur ce point, on voit mal comment il pourrait échapper au sentiment d’imposture qu’il provoque.

Quoi que lui-même et ses soutiens les plus niais essaient de nous faire croire, il n’a non seulement pas l’étoffe de l’homme d’État qu’il devrait être, mais la comparaison avec De Gaulle est simplement ridicule. Le problème est que nous sommes en début de mandat et qu’il est impossible, pour l’instant, d’apercevoir la moindre perspective politique.

Il est à craindre que nous gardions encore un moment ce président-boulet. Avec Alain Juppé Premier ministre ?

Régis de Castelnau

anime le blog Vu du Droit depuis 2012. En consacrant sa vie professionnelle d’abord au Droit social puis au Droit Public dont il fut un des premiers praticiens actifs au sein de la profession d’avocat. Il y ajouta une activité universitaire, doctrinale et éditoriale . Il a en parallèle exercé des responsabilités dans des O.N.G. qui lui ont permis de compléter son expérience internationale. Ayant l’immodestie de penser qu’il avait peut-être un point de vue pouvant en intéresser quelques-uns, il lui a pris l’envie, d’abord pour le plaisir de la communication et de l’écriture, de se lancer dans l’écriture et la direction d’un blog. Par goût de la polémique et du débat aussi.

* 2 – La publication n’est pas un éditorial. Cela reflète la position et l’argument de l’auteur. L’original est posté à:  https://www.causeur.fr/macron-de-gaulle-coup-etat-2-155081

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